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Paradoxes de l’harmonie scolaire
Envie d’école, juin 2025
Présumer que la bienveillance puisse suffire à répondre aux difficultés de l’apprentissage constituerait une volonté d’invisibilisation de la dimension sociale des discriminations et des inégalités qui nous conduirait à prôner une résilience sociale très éloignée des finalités émancipatrices d’une école réellement démocratique.
L’École républicaine a-t-elle fait le choix de la mixité sociale ?
Carnets Rouges, mai 2025
Le discours commun voudrait que la fondation de l’école républicaine et son principe d’obligation scolaire aient mis en germe un irréversible progrès vers l’égalité. Pourtant, tout au long du XXe siècle, nos politiques scolaires sont restées incapables de produire les conditions d’une mixité sociale réelle et de la constituer comme le vecteur de la lutte contre les inégalités.
Écoles privées : quand l’argent public finance la non-mixité
Carnets Rouges, mai 2025
L’analyse sociologique ne cesse d’en faire l’imparable démonstration : l’école privée constitue une des raisons majeures de la difficulté du système scolaire français à lutter contre les inégalités. En subventionnant largement le privé, les choix politiques produisent le paradoxe d’une attribution de moyens qui contrevient à l’objectif qu’elle s’est pourtant assigné d’une plus grande mixité sociale.
Quand les compétences psycho-sociales viennent modifier les finalités de l’école
Conférence, Montreuil , novembre 2024
L’émergence des compétences psycho-sociales menace les finalités démocratiques de l’école pour leur substituer les volontés d’un assujettissement des individus aux nécessités du libéralisme.
Le niveau baisse : petite histoire des usages sociaux et idéologiques d’un jugement
Carnets rouges , octobre 2024
A chaque parution des résultats de l’enquête PISA, le discours commun déplore une nouvelle «baisse de niveau». Dans la presse, nombre de titres recourent, sans nuance, au champ lexical du déclin : chute, dégringolade, effondrement, … La métaphore s’hyperbolise parfois jusqu’à de tels excès qu’elle devrait en perdre son crédit. Pourtant, elle persiste à modeler une bonne part de l’opinion désormais convaincue que la baisse du niveau scolaire est une évidence.
La résilience sociale : nouvelle finalité de l’école?
Regards croisés , juin 2024
Depuis quelques décennies, un vocabulaire nouveau a pénétré les usages de l’institution scolaire : bien-être, bienveillance, empathie, éducation positive, confiance … On pourrait croire qu’il ne s’agir que de la volonté de mieux atteindre dans la vie quotidienne de l’élève, les exigences du respect, de la liberté, de l’égalité … mais à y regarder de plus près la réalité des enjeux est tout autre.
La question des fondamentaux dans l’école française depuis 1945
Carnets Rouges , mai 2024
Depuis 1980, la récurrence d’un discours politique appelant au « retour vers les fondamentaux » est portée par des motivations où se mêlent les idées conservatrices et les stratégies néolibérales. Ce discours a fini par s’imposer comme une évidence mais ne serait-il pas urgent que nous puissions renouer avec d’autres finalités pour l’école ?
La souffrance de ne pas savoir
Envie d’école, décembre 2023
Dans un monde menacé par la croissance des injustices sociales, il est plus que jamais nécessaire de réaffirmer une école capable de doter les citoyens d’une liberté éclairée par la raison et les savoirs, une école de l’émancipation collective qui, tout en, étant capable de prendre soin de ses élèves, ne renonce pas à leur donner les capacités de participer aux transformations sociales plutôt que les leurrer sur la seule ambition du bien-être.
L’école de Macron, une révolution copernicienne?
Enjeux, novembre 2023
Le néolibéralisme macronien poursuit sa profonde transformation de l’école.
En dénonçant le « pédagogisme », le chef de l’État nourrit un objet fantasmatique
Le Monde, 31 août 2023
Les poncifs énoncés par Emmanuel Macron dans ses discours sur l’école témoignent d’un diagnostic erroné et incapable d’engager les transformations nécessaires .
Les mythes de l’apprentissage
Regards croisés n°46, juin 2023
Une synthèse des travaux de recherche sur l’apprentissage. Une mise en doute claire du choix politique de privilégier l’apprentissage plutôt que la voie scolaire dans la formation professionnelle.
Le service public d’éducation est un atout collectif majeur
Pour, juin 2022
2022 : bilan d’un mandat présidentiel
Soft skills : pour l’école du bonheur et de la croissance
Carnets Rouges n°24, janvier 2022
L’importance croissante donnée aux compétences comportementales prétend changer la donne d’une réussite scolaire et sociale que l’on affirme désormais fondée sur la révélation des talents et l’épanouissement des potentialités. Elle prétend en finir avec l’élitisme des savoirs et des diplômes en éduquant aux « compétences douces » qui ouvriraient les portes du bonheur et de la croissance !
École du futur de Macron : le plus inquiétant n’est pas le plus visible
AOC, Analyse.Opinion.Critique, 13 septembre 2022
L’école pour former à la résilience sociale.
« Comme pour l’ensemble des perspectives éducatives macroniennes, le projet est sans ambiguïté, celui d’un asservissement de l’éducation aux nécessités d’adaptation, de mobilité, de flexibilité qui sont désormais les stratégies d’une économie fondée sur une rentabilité immédiate. La référence à une promesse républicaine d’égalité n’est plus qu’une formule rituelle dans une perspective scolaire telle que nous aurions peine à l’imaginer autrement que marquée par des inégalités toujours plus exacerbées. »
L’aide spécialisée : une enjeu politique pour la démocratisation de la réussite
Envie d’école, juin-juillet 2021
revue de la FNAREN, rééducateurs de l’Éducation nationale
Défendre l’aide spécialisée au sein des RASED comme un vecteur essentiel de démocratisation de la réussite.
Ce jour-là bien des choses changeront …
Carnets Rouges n°21, janvier 2021
Entretien : « Je ne sais plus par quel conseil ou par quel hasard, je me suis retrouvé devant le texte que Lucien Sève avait écrit dans l’Ecole et la Nation où il affirme que les « dons » n’existent pas. J’ai seulement le souvenir que sa lecture fut essentielle pour l’enseignant peu expérimenté que j’étais.. »
Savoirs et culture commune contre les ségrégations
Enjeux, n°261, novembre 2019
« C’est parce qu’elle est la condition de l’émancipation intellectuelle, culturelle et sociale que la laïcité doit faire taire les discours de ségrégation qui font le lit des pires exclusions réactionnaires et racistes et des plus fortes inégalités. »
La question des inégalités scolaires : y a-t-il une fatalité ?
Intervention aux Rencontres de l’Éducation du CIDEFE, Montreuil (93), 23 octobre 2018
» […] Il n’est donc pas question de renoncer mais de comprendre que sans cesse, l’école se trouvera confrontée à ce dilemme : constater son impuissance au sein d’un ordre économique où la domination des classes privilégiées ne cesse de s’accroître mais aussi porter l’espoir de la force émancipatrice de la connaissance et de la culture commune et ainsi vouloir que l’école soit le ferment d’un changement des conditions sociales et porte l’espoir d’une transformation égalitaire. »
Émanciper par la culture et les savoirs
Carnets rouges, n°13, mai 2018
La vision d’une école capable de construire une société égalitaire par la démocratisation des savoirs et de la culture commune pourrait passer pour une illusion impuissante face au constat d’une fonction scolaire dominatrice et reproductrice, servant essentiellement la conservation d’un ordre social et la valorisation du capital culturel dominant. Même si nous ne pouvons évidemment pas prétendre le faire hors des normes culturelles dominantes, nous ne devons cependant pas renoncer aux perspectives émancipatrices de l’école en défendant la capacité de chacun à construire une pensée, à élaborer une représentation du monde forgée par la connaissance, à faire usage d’une raison critique capable de questionner les préjugés.
Éduquer à la liberté, à l’égalité, à la fraternité
Regards Croisés n°23, septembre 2017
Pour un collégien vivant dans une banlieue pauvre, la valeur républicaine d’égalité s’inscrit trop souvent dans le doute, l’inquiétude ou le sentiment d’injustice. Quelles certitudes pourraient le convaincre du contrat social, pourraient le résoudre à renoncer à sa liberté absolue et à son strict intérêt individuel pour leur préférer les devoirs d’une communauté politique capable de garantir les droits qui naissent de ces devoirs .
Les leurres de la bienveillance
avec Christine PASSERIEUX
Carnets Rouges n°10, mai 2017
L’éducation positive ne se préoccupe guère de la compétence didactique. Elle feint d’ignorer que la difficulté d’un élève à apprendre ne peut s’expliquer par le seul fait d’une estime de soi insuffisante. Non pas que l’apprentissage ne s’inscrive pas aussi dans des processus psychologiques mais qu’il reste avant tout une élaboration intellectuelle. Or la bienveil- lance du maître ne peut y suffire. Qu’elle constitue une condition favorable, ne lui permet en rien de faire l’économie de l’essentiel, c’est-à-dire de la construction didactique de la situation d’apprentissage. À défaut, la plus généreuse des bienveillances ne peut rien face à une difficulté résistante. Et répéter à un élève que vous le croyez capable de réussir sans lui donner la possibilité effective de cette réussite ne peut apparaître que comme le pire des paradoxes d’une volonté de bienveillance.
Dialectique de la liberté pédagogique et de l’intérêt général
Carnets Rouges, n°7, juin 2016
C’est dans une vision dialectique qu’il faut chercher à trouver les équilibres, non pas dans la fixation d’une frontière de la liberté enseignante mais dans la reconnaissance que cette question ne peut procéder que d’un jeu dynamique dans lequel les acteurs, y compris en fonction de leurs rôles institutionnels spécifiques, recherchent en permanence l’équilibre entre liberté pédagogique et intérêt général.
Méfions-nous de l’usage si répandu de la notion de bienveillance…
Intervention en stage FSU, Bordeaux, 14 octobre 2014
« Je n’ai pas l’intention ici de contester que la qualité de la relation avec les élèves soit un objet de travail nécessaire et une condition de leur réussite. Je ne nierai pas non plus que la réflexion et la formation soient indispensables pour améliorer certaines pratiques professionnelles insuffisamment préoccupées de ces questions. Je voudrais juste interroger l’émergence subite et omniprésente de ce concept de bienveillance »