Formation des enseignants

 

Privatisation de la formation des enseignants

Carnets Rouges , mai 2019

Une stratégie de conquête marchande de la formation des professeurs est à l’œuvre et a déjà engagé des évolutions témoignant de sa volonté discrète, patiente mais déterminée à brouiller les frontières entre public et privé. Le principe d’une responsabilité exclusive de l’État dans la formation des enseignants de l’école publique reste encore une barrière efficace mais qui ne cesse d’être contournée et dont on peut craindre qu’elle cédera progressivement sous les coups de l’offensive marchande.

 

Privatiser la formation des enseignants ?

N’autre école – la revue de Questions de Classe, printemps 2018, p.57-59

La revendication légitime d’une transformation de la formation ne peut donc être confondue avec les leurres d’une privatisation. Il en va des enjeux majeurs de l’action professionnelle enseignante et de sa centration sur les finalités émancipatrices de l’expérience collective, des savoirs et de la culture commune.

 

 

 

Evaluation des enseignants

Histoire de l’évaluation des enseignants : conflits autour de l’inspection
Intervention en stage SNES, mai 2017
publiée dans « Questions vives :laïcité, évaluation des enseignants », ADAPT, 2019
Je vous propose d’essayer d’observer les relations entre inspecteurs et enseignants au travers d’une focale particulière, celle des conflits, notamment ceux liés aux refus d’inspection. Je ne prétends pas faire ici œuvre d’historien et j’admets volontiers que, sur bien des points, le propos sera sommaire mais il s’agit juste de tenter d’éclairer la question des relations des enseignants avec la hiérarchie, notamment dans leur dimension syndicale.


Réussira-t-on à transformer l’inspection ?
Enjeux, juin 2017
Le constat est largement partagé d’une insatisfaction quant aux pratiques actuelles de l’inspection. Les enquêtes sur le sujet font tout d’abord apparaître un malaisecaractérisé par des dispositifs et des relations jugés infantilisants et éprouvants. Elles nourrissent aussi un doute sur lacapacité de l’inspection à améliorer lespratiques enseignantes et à contribuer à la résolution des problèmes générés par une complexification croissante des exercices professionnels. Elles appellent clairement à engager des évolutions.
La réforme qui se mettra en œuvre à la rentrée prochaine sera-t-elle de nature à permettre le dépassement des difficultés actuelles ?


Évaluation des enseignants : un débat nécessaire
Ecole Emancipée, mars 2017
Réussir cette transformation des cultures professionnelles qui rende possible que l’évaluation s’éloigne de ses travers actuels et soit pensée pour servir les ambitions émancipatrices et égalitaires du service public national d’éducation.


La réforme de l’évaluation des enseignants menace les valeurs républicaines de l’école primaire publique
A propos de la réforme Chatel de l’évaluation des enseignants
En justifiant la réforme de l’évaluation des enseignants par un discours de nécessaire modernisation, le ministère de l’Éducation nationale cherche à minimiser les transformations fondamentales qu’elle engage.


 

Science et pédagogie

Carnets Rouges n°14, octobre 2018

Alors que l’autoritarisme ministériel de Jean-Michel Blanquer prétend se fonder sur les vérités incontournables d’une science qui serait capable de déterminer avec certitude l’action professionnelle des enseignants, il est sans doute utile de se pencher sur les idées de ceux qui, il y a maintenant un siècle, affirmèrent pour la première fois la volonté de fonder une pédagogie scientifique. Car ils ne le firent pas pour légitimer une prescription méthodologique mais, tout au contraire, pour libérer l’éducation des conceptions traditionnelles de dressage et de conditionnement.


La science peut-elle produire une évidence pédagogique?

Regards croisés, mars 2018

Au cœur du métier de l’enseignant, le travail didactique suppose l’acceptation d’une complexité, d’une insatisfaction permanente, d’un renoncement à la méthode idéale pour permettre, à la croisée des résolutions pratiques et des élaborations théoriques, une analyse continue des relations entre élèves et savoirs capable de conduire des adaptations incessantes. C’est cette compétence là qu’il faut soutenir, y compris par les productions de la recherche scientifique plutôt que de leurrer les enseignants sur les effets miraculeux de quelques procédés et la réassurance offerte par quelques vérités fragmentaires.


Science et pédagogie : déformations et impostures 

Agir pour l’École et le programme PARLER

Médiapart, 23 septembre 2017

Quand l’argument de la validation scientifique apparaît à nouveau comme une stratégie de communication pour défendre des choix idéologiques sans que réellement on puisse en tirer quelque conclusion que ce soit pour légitimer les méthodes prônées.

L’expérimentation Alvarez

Médiapart, 7 septembre 2017

Résumons-nous : la prétendue assise scientifique de la méthode Alvarez ne repose que sur les ambiguïtés entretenues de ses discours. À un tel degré de persévérance de l’ambiguïté, y compris en constatant ses effets sur les discours journalistiques, on ne peut croire raisonnablement qu’il s’agisse d’une erreur. Il n’est pas exagéré de parler d’imposture.


Les vérités de Jean-Michel BLANQUER

Médiapart, 5 juin 2018

L’école que défend le ministre est loin d’être guidée par la seule objectivité des choix. Elle porte un projet idéologique et politique particulier auquel des citoyens peuvent ou non adhérer mais qu’il est inquiétant de vouloir caractériser comme incarnant la vérité ! Il convient donc de douter des vérités de Jean-Michel Blanquer.


Numérique

Peut-on enjoindre aux enseignants d’innover ?
Inspecteur aujourd’hui n°102 , décembre 2017
L’innovation est désormais affirmée par beaucoup comme une nécessité qualitative du travail enseignant et une condition indispensable pour en assurer le progrès. Pourtant rien ne montre que l’innovation soit systématiquement capable de porter la  réussite des élèves au point qu’elle fonderait la légitimité d’une injonction institutionnelle à innover.


La question du numérique à l’école doit rester une question didactique
Regards Croisés n°22, juin 2017
D’aucuns, considérant que le numérique porterait en soi les vertus d’une efficacité intangible, voudraient le considérer comme l’opportunité fondamentale d’une meilleure démocratisation des savoirs. Douter que cette opportunité puisse porter un changement de paradigme qui, par essence, faciliterait les apprentissages, ne peut évidemment être confondu avec une position de refus global qui condamnerait l’usage numérique à l’école. Mais pour autant constitue-t-il une révolution dont la nature nous contraindrait à remettre en question fondamentalement les conceptions de la transmission et de la construction des savoirs ?


Sorties de classe Apple
Pouvons-nous laisser une entreprise privée instrumentaliser les élèves du service public aux fins d’un intérêt commercial particulier?

Liberté pédagogique et obligations du fonctionnaire

 

 

L’article premier de la loi pour l’école de la confiance a introduit l’exigence d’exemplarité des enseignants comme un principe du Code de l’Éducation. D’aucuns pourraient considérer que cette exigence ne procède que d’un élémentaire bon sens, l’éducateur devant donner l’exemple des valeurs qu’il cherche à transmettre. Mais peut-on croire que la seule intention de cet article soit de légiférer un principe éducatif ?

 


Dialectique de la liberté pédagogique et de l’intérêt général
Carnets Rouges, n°7, juin 2016
C’est dans une vision dialectique qu’il faut chercher à trouver les équilibres, non pas dans la fixation d’une frontière de la liberté enseignante mais dans la reconnaissance que cette question ne peut procéder que d’un jeu dynamique dans lequel les acteurs, y compris en fonction de leurs rôles institutionnels spécifiques, recherchent en permanence l’équilibre entre liberté pédagogique et intérêt général. 


Ne contraignons pas les enseignants à une interdisciplinarité prescrite (interview)
Le Monde, La lettre de l’Éducation, juin 2016
A propos de l’opposition à la réforme du collège


Loyauté
Inspecteur aujourd’hui, n°72, juin 2010
La loyauté est désormais un terme d’usage fréquent pour qualifier ce que doivent être les relations hiérarchiques. Son emploi reste cependant très équivoque.


Les obligations des fonctionnaires sont motivées par l’égalité
Mediapart, 23 décembre 2018
Il est plus que jamais nécessaire d’aider les agents à garantir leurs droits car ceux qui affirment que l’existence de l’obligation de réserve suffirait à justifier toute contrainte hiérarchique réduisant le droit d’opinion des fonctionnaires commettent un abus de pouvoir.


Obligation de réserve : la retenue n’est pas le silence
Médiapart, 17 décembre 2018
Une vision dialectique des droits et des obligations du fonctionnaire est une garantie démocratique. Dans l’éducation, elle protège les élèves d’une volonté politique ou idéologique qui instrumentaliserait l’école. C’est pour cela que l’obligation de réserve ne doit jamais confondre la retenue et le silence.


Peut-on enjoindre aux enseignants d’innover ?
Inspecteur aujourd’hui n°102 , décembre 2017
L’innovation est désormais affirmée par beaucoup comme une nécessité qualitative du travail enseignant et une condition indispensable pour en assurer le progrès. Pourtant rien ne montre que l’innovation soit systématiquement capable de porter la  réussite des élèves au point qu’elle fonderait la légitimité d’une injonction institutionnelle à innover.


Droits et obligations des fonctionnaires :
revendiquer la liberté légale d’expression

Mediapart, 14 août 2017
De récents débats sur les réseaux sociaux et quelques articles dans la presse spécialisée ont soulevé à nouveau la question des obligations des fonctionnaires quant à leur expression publique sur les blogs et les réseaux sociaux. Si certaines réactions font preuve d’une recherche objective du droit, d’autres témoignent de confusions que ce billet tente de dissiper.


La démocratie suppose-elle une obéissance du fonctionnaire?
Mediapart, 30 avril 2017
En réaction aux propos du Front national sur la question.