Articles de revues et autres textes…

La question des inégalités scolaires : y a-t-il une fatalité ?
Intervention aux Rencontres de l’Éducation du CIDEFE, Montreuil (93), 23 octobre 2018

 » […] Il n’est donc pas question de renoncer mais de comprendre que sans cesse, l’école se trouvera confrontée à ce dilemme : constater son impuissance au sein d’un ordre économique où la domination des classes privilégiées ne cesse de s’accroître mais aussi porter l’espoir de la force émancipatrice de la connaissance et de la culture commune et ainsi vouloir que l’école soit le ferment d’un changement des conditions sociales et porte l’espoir d’une transformation égalitaire. »


Nouvelles cultures managériales
Rencontres FSU : « Bougeons l’École », Lurs (04), 6 octobre 2018

Comment le néo-management modifie les cultures de l’encadrement et transforme les principes fondamentaux d’organisation de l’action publique dans une perspective d’ouverture du marché scolaire et de transformation des statuts ?


Pédagogie scientifique et éducation nouvelle
Carnets Rouges, n°14, octobre 2018

Alors que l’autoritarisme ministériel de Jean-Michel Blanquer prétend se fonder sur les vérités incontournables d’une science qui serait capable de déterminer avec certitude l’action professionnelle des enseignants, il est sans doute utile de se pencher sur les idées de ceux qui, il y a maintenant un siècle, affirmèrent pour la première fois la volonté de fonder une pédagogie scientifique. Car ils ne le firent pas pour légitimer une prescription méthodologique mais, tout au contraire, pour libérer l’éducation des conceptions traditionnelles de dressage et de conditionnement.


Tribune dans Le Monde
7 août 2018

Le discours gouvernemental qui, au cœur de l’été, annonce des transformations profondes pour l’Éducation nationale nous assure être guidé par la volonté de mieux consacrer les moyens du système éducatif à la réussite de tous les élèves. Mais quelle est la capacité d’une politique à nourrir une telle ambition dans le cadre d’une doxa budgétaire qui exclut que soient envisagés les investissements nouveaux qui seraient nécessaires pour atteindre cette finalité ?


Renoncer à la forme scolaire de la maternelle?
Inspecteur aujourd’hui, n°104, juin 2018

Une note d’analyse de France Stratégie, publiée en mars 2018, propose de confier l’école maternelle à une institution nouvelle chargée de l’éducation des moins de six ans. Mais faut-il déscolariser la petite enfance pour lutter contre la primarisation ?


Transformer l’école maternelle? 
AOC, Analyse, Opinion, Critique (https://aoc.media), 3 juillet 2018

Alors que s’ouvre à Nancy le Congrès de l’AGEEM ( l’Association générale des enseignants des écoles et classes maternelles publiques), le rôle dévolu à l’école maternelle reste l’objet de vifs débats. Derrière le volontarisme affiché du ministre de l’Éducation nationale, l’instrumentalisation de la fausse querelle entre «socialisation» et «apprentissage» empêche une véritable réforme.


Programmes « Agir pour l’école » : seul le doute devrait s’imposer !
juin 2018

Le ministère affirme désormais que les programmes d’Agir pour l’Ecole « divisent la difficulté scolaire par deux » mais la réalité de leurs effets est pourtant bien différente. Si les études ont montré que la méthode parvenait à renforcer les compétences spécifiques sur les habiletés qu’elle entraînait intensivement, aucune recherche scientifique n’a jamais établi qu’elle ait un effet bénéfique à terme sur la compétence de lecture. Une bonne raison de ne pas accepter d’être contraints à les mettre en oeuvre.


Émanciper par la culture et les savoirs
Carnets rouges, n°13, mai 2018
La vision d’une école capable de construire une société égalitaire par la démocratisation des savoirs et de la culture commune pourrait passer pour une illusion impuissante face au constat d’une fonction scolaire dominatrice et reproductrice, servant essentiellement la conservation d’un ordre social et la valorisation du capital culturel dominant. Même si nous ne pouvons évidemment pas prétendre le faire hors des normes culturelles dominantes, nous ne devons cependant pas renoncer aux perspectives émancipatrices de l’école en défendant la capacité de chacun à construire une pensée, à élaborer une représentation du monde forgée par la connaissance, à faire usage d’une raison critique capable de questionner les préjugés.


La politique Blanquer : liberté ou injonction?
in Alex TRANI (coord), Blanquer, un libéralisme autoritaire contre l’éducation, Copernic, Editions Syllepse, mars 2018

« Si cette vision de la gouvernance se pare des atours de la confiance et de la liberté, on peut craindre qu’elle soit en réalité porteuse des formes les plus insupportables de l’autorité, celles de l’arbitraire et du pouvoir personnel. La politique Blanquer ouvre de telles perspectives. À ceux qui seraient séduits par le discours de liberté qui les masque, l’avenir risque de réserver de douloureuses déconvenues tant dans les réalités quotidiennes de leurs exercices professionnels que dans les ambitions qu’ils portent pour la démocratisation de la réussite scolaire. »


La science peut-elle produire une évidence pédagogique?
Regards croisés, mars 2018

Au cœur du métier de l’enseignant, le travail didactique suppose l’acceptation d’une complexité, d’une insatisfaction permanente, d’un renoncement à la méthode idéale pour permettre, à la croisée des résolutions pratiques et des élaborations théoriques, une analyse continue des relations entre élèves et savoirs capable de conduire des adaptations incessantes. C’est cette compétence là qu’il faut soutenir, y compris par les productions de la recherche scientifique plutôt que de leurrer les enseignants sur les effets miraculeux de quelques procédés et la réassurance offerte par quelques vérités fragmentaires.


Privatiser la formation des enseignants
N’autre école, mars 2018
La revendication légitime d’une transformation de la formation ne peut donc être confondue avec les leurres d’une privatisation. Il en va des enjeux majeurs de l’action professionnelle enseignante et de sa centration sur les finalités émancipatrices de l’expérience collective, des savoirs et de la culture commune.


Écoles de l’endoctrinement
Enjeux, n°251, mars 2018
Allons-nous laisser se développer des écoles où l’endoctrinement de jeunes enfants est possible? Récemment une enquête a montré que cela pouvait aller jusqu’à des proximités entre une école et des mouvements considérant Hitler comme le « plus grand bâtisseur social » ! Sans doute de telles extrémités ne concernent pas toutes les écoles hors contrat mais elles témoignent de ce qui est possible, lorsqu’au nom de la liberté l’État renonce à ses prérogatives de contrôle pourtant légitimement fondées dans son devoir de protection des enfants et notamment ceux qui découlent de l’article 14 de la Convention des Droits de l’Enfant.


Pourquoi une charte déontologique à l’initiative d’une organisation syndicale de personnels d’inspection de l’Éducation nationale ?
Éducation et Devenir, n°30, mars 2018
Notre volonté de défendre un syndicalisme de transformation sociale écarte la seule perspective corporatiste pour interroger la question déontologique dans la perspective des idéaux démocratiques. Une lecture superficielle de notre charte a conduit à des réactions parfois vives, considérant comme une incongruité que des cadres de la Fonction publique puissent revendiquer leur indépendance ou questionner les conditions de la relation hiérarchique. Pourtant, la charte SNPI-FSU fait preuve des exigences qui doivent caractériser l’exercice professionnel du fonctionnaire et conduire les cadres à interroger de façon continue les conditions de la légitimité de leur autorité. Il en va d’une conception démocratique de l’organisation des services publics.


Action publique éducative : mesurer l’essentiel ?
Carnets Rouges, n°12, janvier 2018
L’usage d’indicateurs dans la gouvernance de l’action publique revendique une double perspective d’amélioration des services rendus aux usagers et de maîtrise des coûts. Il s’inscrit dans une culture du résultat qui, à en croire ses promoteurs, constituerait la garantie des finalités fondamentales de l’action publique en permettant de définir des priorités stratégiques et d’en mesurer les performances mais qui  en réalité ne résout aucune des tensions entre la réalité et les idéaux égalitaires. 


Peut-on enjoindre aux enseignants d’innover ?
Inspecteur aujourd’hui n°102 , décembre 2017
L’innovation est désormais affirmée par beaucoup comme une nécessité qualitative du travail enseignant et une condition indispensable pour en assurer le progrès. Pourtant rien ne montre que l’innovation soit systématiquement capable de porter la  réussite des élèves au point qu’elle fonderait la légitimité d’une injonction institutionnelle à innover.


L’école et les parents : coopération et séparation
Carnets Rouges n°11, octobre 2017
La nécessité de construire des relations qualitatives entre l’école et les parents ne peut dispenser d’interroger les projets de coéducation dans les perspectives de l’égalité.


Éduquer à la liberté, à l’égalité, à la fraternité
Regards Croisés n°23, septembre 2017
Pour un collégien vivant dans une banlieue pauvre, la valeur républicaine d’égalité s’inscrit trop souvent dans le doute, l’inquiétude ou le sentiment d’injustice. Quelles certitudes pourraient le convaincre du contrat social, pourraient le résoudre à renoncer à sa liberté absolue et à son strict intérêt individuel pour leur préférer les devoirs d’une communauté politique capable de garantir les droits qui naissent de ces devoirs ?


La question du numérique à l’école doit rester une question didactique
Regards Croisés n°22, juin 2017
D’aucuns, considérant que le numérique porterait en soi les vertus d’une efficacité intangible, voudraient le considérer comme l’opportunité fondamentale d’une meilleure démocratisation des savoirs. Douter que cette opportunité puisse porter un changement de paradigme qui, par essence, faciliterait les apprentissages, ne peut évidemment être confondu avec une position de refus global qui condamnerait l’usage numérique à l’école. Mais pour autant constitue-t-il une révolution dont la nature nous contraindrait à remettre en question fondamentalement les conceptions de la transmission et de la construction des savoirs ?


Prédicat : démocratiser la maîtrise de la langue n’est pas un problème de catégorisation grammaticale
Carnets Rouges n°10, mai 2017
La polémique qui a cru pouvoir juger de la qualité de l’enseignement de la langue française autour de la question du prédicat est révélatrice des difficultés que nous rencontrons lorsqu’il s’agit de penser l’enseignement de la gram- maire dans un pays où les réactions passionnelles sur le sujet font souvent fi de la question essentielle, celle de la finalité de cet enseignement à l’école.


Les leurres de la bienveillance
avec Christine PASSERIEUX
Carnets Rouges n°10, mai 2017
L’éducation positive ne se préoccupe guère de la compétence didactique. Elle feint d’ignorer que la difficulté d’un élève à apprendre ne peut s’expliquer par le seul fait d’une estime de soi insuffisante. Non pas que l’apprentissage ne s’inscrive pas aussi dans des processus psychologiques mais qu’il reste avant tout une élaboration intellectuelle. Or la bienveil- lance du maître ne peut y suffire. Qu’elle constitue une condition favorable, ne lui permet en rien de faire l’économie de l’essentiel, c’est-à-dire de la construction didactique de la situation d’apprentissage. À défaut, la plus généreuse des bienveillances ne peut rien face à une difficulté résistante. Et répéter à un élève que vous le croyez capable de réussir sans lui donner la possibilité effective de cette réussite ne peut apparaître que comme le pire des paradoxes d’une volonté de bienveillance.


Pour une inclusion raisonnée
revue du CERFOP, n°31, novembre 2016
Sans doute, quelques-uns accuseront cet article de freiner l’élan avec lequel notre société affirme sa volonté de lutter contre l’exclusion. Peut-être même l’accuseront ils de porter des idées réactionnaires et ségrégatives. Ils se trompent : il n’a d’autre volonté que celles d’une lutte pour l’égalité. Il interroge seulement l’idéalisme des discours pour lui préférer le matérialisme d’une action sociale mesurée à l’aune de la réalité de ses effets. Et c’est pour cela qu’il ne peut suffire de décréter l’inclusion et que nous devons la raisonner.


Ne contraignons pas les enseignants à une interdisciplinarité prescrite (interview)
Le Monde, La lettre de l’Éducation, juin 2016
A propos de l’opposition à la réforme du collège


Dialectique de la liberté pédagogique et de l’intérêt général
Carnets Rouges, n°7, juin 2016
C’est dans une vision dialectique qu’il faut chercher à trouver les équilibres, non pas dans la fixation d’une frontière de la liberté enseignante mais dans la reconnaissance que cette question ne peut procéder que d’un jeu dynamique dans lequel les acteurs, y compris en fonction de leurs rôles institutionnels spécifiques, recherchent en permanence l’équilibre entre liberté pédagogique et intérêt général. 


Pour une inclusion raisonnée
Psychologie et éducation, 2015-2, juin 2015
Intervention au Forum des RASED

« L’inclusion raisonnée est la condition de l’accès à l’égalité citoyenne. Elle refuse l’analyse binaire qui décréterait qu’il faudrait choisir entre inclusion et exclusion parce qu’elle affirme la nécessité de construire, dans la réflexion commune des professionnels et des parents, le parcours le mieux adapté possible aux besoins réels, quitte à ce que parcours doive faire le choix de différer ou de réduire l’inclusion scolaire. Et cela pour faire des choix guidés par les finalités et ne pas se contenter de nourrir des illusions en cédant aux demandes immédiates.
Cela demande des moyens capables de répondre aux besoins éducatifs et thérapeutiques, cela demande des personnels d’accompagnement formés et plus nombreux. Cela demande un véritable investissement dans la formation des enseignants. »


Des vertus présumées de la nouvelle gouvernance
Inspecteur aujourd’hui, n°87, mars 2014
La nouvelle gouvernance est loin d’avoir fait la preuve des vertus qu’elle était censée distribuer dans nos administrations. C’est pourquoi nous continuons à porter un regard critique sur ses perspectives et à revendiquer que d’autres valeurs guident la réforme des organisations administratives.


Loyauté
Inspecteur aujourd’hui, n°72, juin 2010
La loyauté ne se résume pas à un concept univoque qui constituerait le prétexte d’une conception autoritariste de la hiérarchie. Elle ne peut se penser que dans la tension dialectique de la garantie du droit d’opinion du fonctionnaire et de la nécessité démocratique de la neutralité de l’enseignement.